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01/12/2007

Venezuela: Un pont trop loin pour Chavez


Au Venezuela le referendum de ce dimanche est tres revelateur : Chavez jette le masque et s’affirme prêt a tout pour conserver le pouvoir, et en faire un pouvoir total. Il demande aux vénézuéliens de voter pour lui permettre d’être réélu a perpétuité. Il menace les USA de cesser les exportations de pétrole si la victoire que « oui » n’est pas proclamée. Il menace l’Espagne de nationaliser les banques espagnoles au Venezuela si le roi et le gouvernement espagnol ne lui font pas de plates excuses pour le fameux  « Porque no te callas ? », phrase qui est devenue un très populaire son de sonnerie de GSM, insupportable aux oreilles délicates d’un aspirant dictateur. Le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument.

 
Et hier les comites Ingrid Betancourt, demandaient de reprendre la médiation de Chavez dans la tragédie des otages colombiens.

Mais mettons-nous a la place du gouvernement colombien : Un puissant voisin, le Venezuela, manifeste des signes évidents de dérive totalitaire. Demander qu'il intervienne pour sauver des otages qui nous sont chers, n’est-ce pas extremement risque? Je sais que la vie des otages est en question mais il y a des choses que l’on ne peut pas demander, ou que l’on doive cesser de demander, au vu des derniers développements de la situation au Venezuela.  En demandant au Président Uribe de demander a Chavez de reprendre la médiation auprès de la guerrilla colombienne, on sert sur un plateau un pretexte que Hugo Chavez cherche peut-etre pour tenter d'exporter a la Colombie sa "Revolution Bolivarienne". Un accord Guerrilla-Venezuela pour un echange humanitaire sur le dos du gouvernement colombien serait possible SI Chavez avait le sens de la mesure. Ce n'est pas du tout le cas. 

Aujourd'hui je crois, oui, que Chavez obtiendrait probablement de la guerrilla la liberation des otages. Mais c'est parce que le projet qu'il defend s'oppose suffisamment aux valeurs de la democratie pour que la guerrilla s'y reconnaisse. La gauche latino-americaine (tout comme la droite ailleurs), dans les situations de tensions extreme, perd le sens de la mesure.  Les preuves de vie d'Ingrid Betancourt, d'ailleurs, n'ont pas ete publiees par la guerrilla mais obtenue par l'arrestation de guerrilleros et publiees par le gouvernement colombien. Elles etaient destinees au President Chavez, mais ce sont les autorites colombiennes qui ont "marque le point" de leur publication. 

 Aujourd'hui la Colombie voit les images des otages et l'immense majorite des colombiens eprouvera pour eux de la compassion et de l'amour. Plutot que d'attendre que leur liberation viendra de grandes decisions entre les grands sachems Marulanda, Uribe, Chavez, voire Sarkozy et Bush, je prie pour que les guerrilleros de base acquierent une once d'humanite et provoquent la fin de ce cauchemar en laissant partir leurs victimes. I have a dream...Que la fin de ce cauchemar pour les otages viennent de la "base" et non du "sommet". Que ces images des souffrances des detenus fissurent ce bloc impenetrable des FARCS preneurs d'otages. 

 

 

 

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