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08/12/2009

L’Amérique latine en 2010

Courants et contre-courants pour l’Amérique latine en 2010.

Quelles évolutions peuvent être notées suites aux élections de 2009 au Salvador, au Panama, en 'Equateur, au Mexique, en Argentine, en Uruguay, au Honduras et en Bolivie, et dans les tendances des élections prochaines au Chili, en Colombie et au Brésil ?



Au Salvador, le pouvoir est passé des mains de l'ARENA, le parti politique issu des escadrons de la mort de droite de Mano Blanco dans la guerre civile des années 70 et du 80s, au FMLN, le parti politique enraciné dans la guérilla de gauche de ce conflit. Le FMLN a gagné non pas avec un chef guérillero, mais avec un ancien journaliste de CNN à sa tête.

Le Panama a voté un peu vers la droite, du PRD néo--libéral corrompu qui est un membre de l'Internationale socialiste à une alliance des hommes d'affaires les plus riches du Panama dirigés par le baron de supermarché Ricardo Martinelli. Cette élection a eu des implications idéologiques, mais était le résultat de la corruption endémique du PRD.

En Colombie en 2010 le président de droite Avaro Uribe va probablement gagner un referendum lui permettant de postuler pour un troisième mandat présidentiel, malgré les accusations liant sa coalition politique a des groupes paramilitaires de droite. Mais Uribe devra compter avec une opposition parlementaire renforcée.

L'Equateur, ayant passé une nouvelle constitution tard en 2008, a tenu les nouvelles élections qui ont été remportées par le Président de gauche Rafael Correa au premier tour. C'est la première fois qu'un président est élu au premier tour en 30 ans, mais Correa a perdu sa majorité législative. Les parties de droite ont eu de mauvais résultats, mais le parti de Correa a perdu des voix et des sièges aux parties indigènes et aux petits partis de gauches, que le président devra désormais courtiser pour obtenir le passage législatif de ses projets.

Les électeurs mexicains sont allés aux urnes le 5 juillet pour élire la Chambre de la législature nationale. La tendance générale était une réapparition du parti révolutionnaire institutionnel (PRI), qui avait tenu le Mexique comme un état à parti unique semi-autoritaire et habituellement corrompu durant 70 ans jusqu'à ce qu'il cède le pouvoir au PAN de Vicente Fox en 2000. Le Mexique semble se désagréger dans le chaos sous le Président Felipe Calderón. Les gains législatifs Du PRI aux dépens du PAN et du PRD n'étaient toujours pas assez pour lui donner une majorité absolue dans la chambre des députés.

En Argentine le Président de gauche Cristina Fernández de Kirchner a perdu ses majorités absolues dans les deux chambres l et aurait été totalement défaite si l'opposition n'avait pas été divisée. Les ennuis économiques, une vague de crime et la corruption de public ont influence les élections. Il s'avère que l'Argentine penche vers la droite pour élections présidentielles de 2011, mais les choses peuvent changer d'ici la.

En Uruguay la coalition de gauche "Frente Amplio" de l'Uruguay a gagne et l'ancien guérillero et prisonnier politique José Mujica de Tupamaro a gagne la présidence, encore que la aussi ses majorités dans les chambres sont réduites.

En Bolivie les électeurs ont passé une nouvelle constitution et ont confirmé Evo Morales comme président au premier tour avec plus de 60 pour cent, lui donnant la domination absolue du parlement, le 6 décembre dernier. Le vote pro- Morales a fait des gains étonnants dans des départements jusqu'ici en opposition avec ses politiques. Outre le gaz bolivien, dont les revenus permettent désormais d’alimenter des politiques sociales, La Bolivie possède la plupart des réservations du lithium du monde, et vu la demande croissante de lithium pour les batteries des voitures hybrides, Evo Morales semble mener la Bolivie vers un niveau de prospérité sans précédent pour ce pays le plus pauvre de la région.
Le Chili vote pour le président et les législateurs le 13 décembre, avec des prolongements en janvier la où personne n'obtient une majorité. La coalition de Concertation de la présidente socialiste Michelle Bachelet semble céder le terrain à Eduardo Frei Ruiz-Tagle, démocrate-chrétien. L'Alliance de droite "Alianza" semble promise a son meilleur résultat depuis la chute de la dictature de Pinochet. Les sondages prévoient une légère avance de Frei mais pas une majorité au premier tour, suivi de son élection au deuxième tour, probablement sans majorité législative.

Le Brésil tiendra des élections générales en octobre 2010,  et  le Président de gauche modéré Lula da Silva ne peut pas postuler pour un troisième mandat. Actuellement les intentions de vote indiquent une course serrée entre la coalition de Lula et une alliance menée par le Parti Social Démocratique conservateur du Brésil, et si cette marge étroite se maintient, alors même si le candidat Dilma Rousseff du Parti des Travailleurs de Lula gagne, la gauche souffrira des reculs dans des élections législatives et d'état.

En conclusion, ce sont des courants et des contre-courants, mais il semble que l'Amérique latine penche davantage vers le centre-droit. Ricardo Martinelli, président du Panama, s’affirme dans divers forum internationaux en tant que porte-parole d'une droite latino-américaine qui montre les signes de la renaissance qui viennent d’être évoquées.

 

(Source: Eric Jackson, Traduction partielle de l'article du Panama News "RP gaffe, failure as PARLATINO meets here", decembre 2010)

Commentaires

Concernant le Chili, la Présidente actuelle Michelle Bachelet ne peut pas se représenter (anticonstitutionnel) et le candidat Frei fait en réalité partie de la même coalition de gauche qu'elle, "la Concertacion" (alliance entre socialistes et démocrate chrétien) est opposée au candidat de droite Sebastian Piñera, de la Coalicion por el Cambio. Un candidat socialiste indépendant Marco Enríquez-Ominami, s'est également présenté et a gagné beaucoup en popularité.
Les résultats le 13 décembre pour le 1er tour.

Écrit par : vanessa | 08/12/2009

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